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Intervention de Renaud Muselier à l'occasion du don de 500000 ouvrages de la BnF à la Bibliotheca Alexandrina - Marseille le 30 novembre 2009

Don exceptionnel de 500 000 ouvrages de la Bibliothèque Nationale de France à la Bibliotheca Alexandrina

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Sénateur Maire de Marseille,

Monsieur le Préfet,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Monsieur l’Ambassadeur d’Egypte,

Monsieur le Consul Général d’Egypte,

Mesdames, Messieurs les Élus,

Mesdames, Messieurs les Consuls,

Monsieur le Secrétaire Général de la SNCF,

Monsieur le Président de la BNF,

Monsieur le Directeur de la bibliothèque d’Alexandrie,

Mesdames, Messieurs les Directeurs,

Chers Amis,

Voulu par le Président de la République, Monsieur Nicolas SARKOZY, l’Union pour la Méditerranée est un défi lancé contre toutes les forces de l’habitude et de la résignation. C’est un regard attentif posé sur les problèmes de relation entre l’Europe et la Méditerranée. C’est le désir de jeter les bases d’un développement partagé. C’est la volonté de donner toute sa place au dialogue entre les Etats des deux rives.

L’Union pour la Méditerranée se décline dans une logique de projets concrets, à géométrie variable.

Ils cherchent à répondre aux enjeux cruciaux de développement que rencontre l’espace méditerranéen, tels que la dépollution des eaux, la lutte contre les incendies de forêt ou l’énergie solaire…Chacun des Etats-membres ambitionne de surmonter, pas à pas, tous les obstacles pour donner corps à cette formidable aventure politique.

Pour avoir accompagné les travaux de l’Union pour la Méditerranée et participé aux rencontres, je veux dire ici, en votre présence, monsieur l’Ambassadeur d’Egypte et vous tous, mes amis des deux rives, que l’Egypte a été un pilier essentiel de la création de l’Union pour la Méditerranée, grâce à la volonté de son Président, Hosni MOUBARAK. C’est une raison supplémentaire qui s’ajoute pour moi au plaisir que j’ai à vous accueillir aujourd’hui à Marseille.

Lors des sommets de Paris en juillet 2008, et de Marseille en novembre 2008, la culture n’avait pas été retenue comme l’une des priorités du projet de l’Union pour la Méditerranée.

Pour autant, la volonté du Président de la République Française a toujours été de nourrir la dimension culturelle du projet d’Union pour la Méditerranée.

C’est la raison pour laquelle, dès décembre 2008, Monsieur Nicolas SARKOZY a voulu créer le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée basé à l’Elysée.

Il m’en a confié la Présidence.

Le Conseil Culturel est un lieu de débat et de réflexion. Du Nord au Sud, il rassemble des femmes et des hommes qui agissent pour que la culture soit au cœur de l’Union pour la Méditerranée.

Il réunit des personnalités du monde économique, politique, des lettres, des arts et des médias des deux rives, dont trois personnalités marseillaises qui, par leur présence, font honneur à notre ville :

  • Monsieur Jacques SAADÉ, Président de la Chambre de Commerce franco libanaise, Fondateur et Président du Directoire du groupe CMA CGM.
  • Monsieur Luc BESSON réalisateur et producteur de films.
  • Monsieur Bernard LATARJET, Directeur Général de l’Association « Marseille Provence 2013. »

Ces 22 femmes et hommes rassemblés au sein du Conseil Culturel sont des vigies qui scrutent l’horizon de nos fantasmes. Ils veillent par leurs actions et leurs propos à désamorcer les conflits identitaires qui continuent de ronger l’espace méditerranéen. Ils contribuent par la force du témoignage, à l’apprentissage du respect des identités culturelles. Ils vont au cœur de l’actualité, au cœur des mots ressusciter nos héritages entremêlés, bousculer les préjugés.

Chacune de leur réflexion, chacune de leur action est tendue vers cet objectif.

Ici à Marseille, Monsieur le Ministre, dans cette ville fière de son histoire fécondée par tous les peuples, enrichie de toutes les différences que la mer lui a apportées, le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée a déjà ses résonnances :

  • La première se décline à travers l’aventure partagée « Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la Culture » dans laquelle le monde économique, universitaire, sportif, culturel, et tous les Marseillais se sont déjà engagés.
  • La seconde, en gestation, prendra corps cet après midi, par votre geste symbolique et la pose de la première pierre du Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée.

A ce point de mon propos, à titre personnel, et au nom de ceux qui m’accompagnent, je voudrais vous dire combien je suis sensible à votre action et vous remercier pour le soutien sans faille que vous apportez à Marseille et à ses projets culturels. Je veux vous remercier pour l’attention que vous apportez à ce que chacun puisse avoir, dans chacun de nos quartiers, un meilleur accès aux œuvres et à la connaissance. Je veux vous remercier pour ce que vous êtes, d’humanisme et d’écoute.

L’ouverture du container et les paroles d’un artiste, nous ont offert une alchimie émouvante de la rencontre de l’écrit et du verbe, de la trace et de l’éphémère.

Cette rencontre de deux formes d’expression nous rappelle que selon les époques et les cultures, la transmission et la conservation des connaissances prennent différentes formes. Elle nous rappelle que toute culture n’est que mémoire et métissage. Elle nous rappelle que le métissage est porteur de richesse et de renouveau.

Si le dialogue des cultures revêt un sens nouveau dans le cadre de la mondialisation des échanges et le contexte politique contemporain, il devient un vecteur indispensable pour assurer le maintient de la paix et la cohésion du monde. Alors, le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée révèle tout son sens et sa nécessité.

Car, dans un univers mondialisé et interdépendant, à la fois riche de promesses mais aussi porteur de conflits, il est essentiel que les Etats et les individus développent leur capacité d’engager un dialogue de tolérance et de respect par une connaissance mutuelle de leurs identités.

Ce départ du premier container, pour Alexandrie au sigle de CMA CGM, contenant 35 000 ouvrages de la Bibliothèque Nationale de France, via le port de Marseille, alors que la France et l’Egypte co-président actuellement l’Union pour la Méditerranée prend pour moi une dimension symbolique intense.

Je sais qu’elle est aussi importante pour vous, Monsieur le Ministre, vous qui avez fait de la culture en méditerranée un axe fort de votre politique.

Nous célébrons ensemble, et je suis fier de le partager avec vous, le premier événement public d’envergure qui se tient sous les auspices du Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée.

Dès les tous premiers jours qui ont suivi la création du Conseil Culturel, j’ai eu connaissance de ce magnifique projet, par lequel Monsieur Bruno RACINE, le Président de la Bibliothèque Nationale de France entendait faire don d’une centaine de milliers d’ouvrages à son homologue de l’autre rive, la prestigieuse Bibliotheca Alexandrina.

Une Bibliothèque Nationale de France de plus en plus connue pour sa bibliothèque numérique qui offre plus de 160 000 documents de toute nature, en mode image ou en mode texte, et des livres numériques proposés par des éditeurs.

La France a la chance d’avoir à la tête de ce prestigieux établissement, un Président, par ailleurs écrivain, auteur de plusieurs romans et de 2 ouvrages sur l’Italie. Le premier, il a pris conscience du défi culturel, juridique et économique à relever face à « google livre ». Vous avez très vite compris Monsieur Bruno RACINE, qu’il ne fallait pas limiter la question de la numérisation au patrimoine existant…que la numérisation n’est pas simplement la conservation du livre en numérique, mais aussi, une révolution des usages, une circulation de la pensée sous de nouvelles formes. Ce sens du partage et de la transmission de la pensée vous a conduit tout naturellement à Alexandrie…

Compte tenu de la vocation du Conseil Culturel, de vouloir rapprocher les peuples de la Méditerranée par la culture, contribuer à la réalisation de ce projet de don était devenu pour moi, une ardente priorité.

Des liens complices ont été noués avec les responsables de la Bibliothèque Nationale de France, afin de procéder à l’exacte évaluation des données techniques et quantitatives d’une si vaste entreprise.

Au-delà de la symbolique du livre, de l’échange et du partage, il y des réalités matérielles…les 12 containers qui vont suivre celui-ci en témoignent…200 tonnes de documents à transporter sur plus de 3000 kms c’est plus qu’un échange culturel, c’est déjà une entreprise, c’est surtout une aventure.

Le Conseil Culturel s’est mis en quête de mécénat.

Vous connaissez la suite de l’histoire.

Je tiens à adresser mes très chaleureux remerciements à la SNCF et à son Président Monsieur Guillaume PEPY, représenté aujourd’hui par son Secrétaire Général, Monsieur Stéphane VOLANT, pour avoir accepté d’offrir à cette opération son concours financier et logistique.

Sans le mécénat du groupe SNCF et la spécificité de ses filiales, sans l’appui de la compagnie CMA – CGM, nous n’aurions pas pu entreprendre d’acheminer 240 palettes d’ouvrages de Paris à Alexandrie.

Loin des idées reçues, le groupe SNCF est devenu l’un des premiers groupes de mobilité et de logistique au monde. Il manifeste par cette opération de mécénat son sens de l’intérêt général, sa conscience d’une citoyenneté du monde et prend une part active à la recherche de la paix, loin du profit marchand.

C’est aussi pour moi, une émotion particulière de vous accueillir en ce lieu, Docteur Ismaïl SERAGELDIN, en présence de l’Ambassadeur d’Egypte son Excellence Nasser KAMEL et du Consul Général d’Egypte, Monsieur Chérif REFAAT. Vous qui présidez depuis des années aux destinées de ce temple de la culture et de la science à Alexandrie. Je sais quelle importance vous attachiez à la réalisation de ce don et je suis sûr que vous mettrez tout en œuvre pour qu’il trouve la mise en valeur et les prolongements bénéfiques au plus large public, en dialogue constant avec la Bibliothèque Nationale de France et son Président Monsieur Bruno Racine.

Ce don incarne un symbole fort de l’amitié franco-égyptienne et de la francophonie.

Il traduit l’esprit de l’Union pour la Méditerranée.

Il constitue également le point de départ de nombreux autres projets, dans le prolongement de ce que vous aviez entrepris, dés votre arrivée à la Banque Mondiale, à titre d’économiste en matière de ressources humaines et d’éducation…Avant que vous ne fassiez la promotion active de nouvelles façons de concevoir l’environnement… Avant que vous n’apportiez une part déterminante à la création du Conseil Mondial de L’eau, qui se tiendra d’ailleurs à Marseille en 2012…Avant que vous n’acceptiez le poste de directeur de la célèbre Bibliothèque d’Alexandrie, vacant depuis…1600 ans.

Je suis heureux de savoir que c’est aujourd’hui à Marseille que va se signer la Convention entre la Bibliothèque Nationale de France et la Grande Bibliothèque d’Alexandrie en présence du Ministre de la Culture, de l’Ambassadeur d’Egypte et du Maire de Marseille. Un nouveau lien va unir nos deux Nations.

Si Alexandrie est célèbre pour sa Grande Bibliothèque, elle l’est aussi pour l’une des 7 merveilles du monde : Le Phare d’Alexandrie. Il nous rappelle qu’elle est un port. Il nous rappelle aussi que l’histoire est un éternel recommencement.

Elle nous enseigne en effet, que l’un de vos illustres prédécesseur, Docteur Ismaïl SERAGELDIN, l’un des généraux d’Alexandre qui fit construire la première bibliothèque demandait, dans chacun des pays connus, qu’on lui envoie les œuvres de tous types d’auteurs… il demandait aussi à tous les marins qui faisaient escale à Alexandrie de permettre que les livres contenus à bord soient recopiés et traduits. La copie était remise au navire, et l’original conservé dans la bibliothèque. Je ne sais pas s’il signait des conventions, mais l’esprit qui anime aujourd’hui le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée et nos institutions était déjà en marche…

Internet, et « le livre numérique » transforment aujourd’hui, pour chacun d’entre nous, la signification même du temps et de l’espace. Le « livre sur la toile » bouleverse la notion même de rencontre, de dialogue et d’échange. Je suis heureux que la matérialité de ces ouvrages et de ces containers sur un lieu de travail, nous rassemble, ici à Marseille.

Ils m’offrent l’occasion de vous dire ma fierté de vous accueillir, mon plaisir de partager cet instant avec vous. Merci sincèrement pour votre présence.

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