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Discours de M. Renaud MUSELIER lors du Mardi de Marigny "Les cuisines et la gastronomie de la Méditerranée" - 7 décembre 2010

 

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

 

"Mardi de Marigny"

Les cuisines et la gastronomie de la Méditerranée

 

Hôtel Marigny, mardi 7 décembre 2010

 


 

 

Mesdames et messieurs,

 

Chers amis,

 

Je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui pour notre troisième "Mardi de Marigny". Après avoir abordé l'évolution de la place des femmes en Méditerranée et accueilli la remise du Prix Méditerranée, nous allons terminer ce premier cycle de rendez-vous avec un thème qui m'est particulièrement cher, celui de la cuisine et de la gastronomie.

 

Comme vous le savez, la gastronomie française et la "diète" (mode de vie) méditerranéenne viennent d'être classées au patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO il y a quelques jours seulement.

Alors, au Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée, nous avons aussi souhaité aborder à notre manière et plus modestement, ce beau sujet qui réjouit autant les cœurs que les papilles.

 

Avant de laisser la parole à nos invités qui ont bien voulu venir nous apporter leur témoignage et nous faire partager leur connaissance, je voudrais vous livrer en quelques mots ce qu'est, pour moi, enfant de Méditerranée, la cuisine méditerranéenne.

 

La cuisine, c'est d'abord quelque chose d'intime et de très personnel. C'est souvent mes plus beaux souvenirs d'enfance, une succession de couleurs, d'odeurs, de saveurs qui ont laissé leurs empreintes et m'ont transmis, à leur façon, le goût du beau, le goût du bon.

C'est également souvent des grands moments de bonheur gustatif qui restent gravés dans la mémoire tant ils s'accompagnent de sensations exceptionnelles.

Je ne vous ferai pas l'inventaire de tous mes plaisirs de gastronome car cela pourrait prendre un peu de temps. Je voudrais juste seulement, quelques instants, vous faire partager les saveurs inoubliables qui sont ancrées dans ma mémoire et qui ont pour nom bouillabaisse, aïoli, tapenade, petits farcis…

Tous ces mets de "chez nous", dont les recettes sont nées sur les rivages de notre Méditerranée, sont, comme pour vous je l'imagine, de véritables souvenirs, de ceux que l'on n'oublie jamais.

 

La cuisine, c'est aussi, et je sais que beaucoup d'entre vous le diront mieux que moi, un des éléments essentiels de ce que peut être la civilisation méditerranéenne si tant est que celle-ci existe. Elle est, en effet, un trait commun présent dans tout le bassin méditerranéen.

A Marseille comme à Fès, à Tunis comme à Athènes ou à Beyrouth, la cuisine méditerranéenne, c'est d'abord un art de vivre et une même façon de transformer, de faire vivre des aliments communs à tout ce territoire.

Comme le dit notre ami Paul BALTA, auteur du célèbre "Boire et manger en Méditerranée" et qui n'a pu être présent parmi nous ce soir et que je salue :

 

"La gastronomie en Méditerranée est fille de civilisation, elle est l'expression d'une culture enracinée dans l'histoire".

 

C'est une part de notre identité commune et très certainement une des plus communément acceptée de tous.

 

La cuisine, c'est également la transmission, celle des savoir-faire, des héritages, des traditions, de rites parfois très anciens et qui, de génération en génération, perdurent et demeurent.

Le rôle joué par les femmes dans cette transmission est d'ailleurs essentiel. Elles sont souvent les passeuses de ce patrimoine exceptionnel, celles qui, de mère en fille, au fil du temps, en se transmettant recettes et petits secrets de fabrication, transmettent beaucoup plus que cela…

 

Enfin, la cuisine méditerranéenne pour moi, c'est le partage. Par ce qu'elle symbolise à travers les siècles, la cuisine méditerranéenne, c'est l'image de la convivialité, des retrouvailles familiales, du bonheur de se retrouver et de vivre ensemble un moment unique.

 

C'est celle de l'hospitalité, de l'accueil de l'étranger qui frappe à la porte. Cette cuisine, symbole d’une mosaïque de peuples est véritablement l’un des fondements identitaires de la culture méditerranéenne.

 

Mais c’est aussi et bien sûr un enjeu économique et social important au sein du bassin méditerranéen. Celui de la sécurité alimentaire, sujet qui fait consensus entre les différents pays de l’Union pour la Méditerranée qui travaillent actuellement à un pacte pour la sécurité alimentaire. Ce pacte prendra, en effet, des engagements concrets afin de sécuriser les approvisionnements, de mieux réguler les marchés et ainsi de renforcer l’indépendance alimentaire des pays du pourtour méditerranéen.

Enjeu économique donc mais surtout enjeu de société. La cuisine de la Méditerranée est tout cela à la fois. Puisse donc cette tradition séculaire se poursuivre encore longtemps et permettre aux femmes et aux hommes de cette région de mieux se découvrir et de partager ensemble le bonheur d'être Méditerranéen.

 

Mais j'ai déjà été trop long et je vais désormais passer la parole à nos invités :

 

-Christiane Dabdoud Nasser, auteur de "la cuisine palestinienne classique"

-Nadia Hamam, auteur de "Les mondes du couscous"

-Kamal Mouzawak, créateur du "Souk el Tayeb" à Beyrouth

-Eric Sapet, chef étoilé de "la petite maison de Cucuron"

-Gérard Vives, président du conservatoire international des cuisines méditerranéennes

-Denise FABRE qui a accepté de nous livrer son témoignage personnel

 

Et Sylvère Henry Cissé, journaliste à Canal+, qui a bien voulu animer cette soirée.

 

Je vous remercie de votre attention.

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