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Propos de bienvenue de Renaud Muselier au Colloque Edgar Morin

LE 14 OCTOBRE 2009

ASSEMBLEE NATIONALE

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Monsieur Edgar Morin, Mesdames et messieurs,

C’est un honneur particulier pour moi que de vous accueillir au sein de l’Assemblée Nationale, sous les auspices de Victor Hugo, et sous votre haut patronage, Monsieur Morin, dont les ouvrages et la pensée sont une source d’inspiration croissante pour les responsables du monde entier.

Je vous souhaite à toutes et tous la bienvenue, à vous qui venez de France, d’Europe et du monde, mesdames et messieurs les représentants des Agences onusiennes, au nom du Président de la République mais aussi au nom du peuple français.

C’est en effet en ma double capacité d’élu de la République et de Président du Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée que j’ai le plaisir de vous accueillir en ces lieux.

Mesdames et messieurs, je souhaite adresser des remerciements chaleureux à M. Luciano Carrino, Directeur Exécutif du Comité Scientifique pour la coopération au Développement Humain, qui a depuis plusieurs mois déjà manifesté un intérêt particulier pour nos travaux et très vite vu quelles synergies pouvaient être dégagées entre nos missions. Aussi, lorsque M. Carrino m’a approché pour me proposer d’être le partenaire du lancement de la campagne internationale qui nous réunit aujourd’hui, je n’ai pas hésité une seconde. Il m’a semblé, en effet, que le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée avait une vocation naturelle à engager un partenariat avec les Agences concernées de l’ONU, pour la mise en œuvre des idées de M. Edgar Morin et des réformes indispensables qu’il préconise pour le XXIe Siècle.

C’est même pour moi un honneur que de voir le Conseil Culturel apporter sa pierre à l’effort de perfectionnement de l’Humain à travers la connaissance, effort qui est le vôtre, Monsieur MORIN, inlassablement et depuis de nombreuses années. Cet effort porte ses fruits, si j’en juge par l’extraordinaire succès que rencontrent vos idées notamment sur le continent sud-américain, une région du monde qui vous est chère et vous séjournez fréquemment.

Le Conseil Culturel veut contribuer pour sa part, s’agissant de l’aire méditerranéenne, aux côtés des agences onusiennes, à la diffusion des idées profondément humanistes que vous nous exposerez tout à l’heure au cours de votre conférence.

Créé en décembre 2008 et officiellement installé par M. le Premier Ministre François Fillon le 14 mai 2009, le Conseil Culturel a pour mission première de promouvoir et fédérer des initiatives, publiques ou privées, qui contribuent à nourrir la dimension culturelle du projet d’Union pour la Méditerranée.

Le Président de la République m’en a confié la présidence et des personnalités de premier plan, originaires du pourtour méditerranéen, ont bien voulu me rejoindre au sein du comité stratégique, dans cette noble tâche : plusieurs d’entre elles sont présentes ce matin : il s’agit de Mme Claudie Haigneré, ancien ministre et présidente de la Cité des Sciences, de Mme Simone Susskind, Présidente d’ "Action en Méditerranée", de M. Adham Nadim, président du Centre de Modernisation Industrielle en Egypte, de M. Robert Scott, Président du Jury des Capitales Européennes de la Culture, enfin de M. Michel Laurent, président de l’Institut de Recherche et de Développement. Je les salue tous bien amicalement.

Ensemble, les membres du comité stratégique ont doté le Conseil Culturel d’une Charte de valeurs dont je voudrais vous citer deux articles :

  • Article 2

Le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée est constitué de femmes et d’hommes qui partagent un engagement sans relâche en faveur de la paix, de la démocratie et de la prospérité en Méditerranée.

  • Article 3

Le Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée se fixe comme objectif central de donner une traduction concrète à ce dialogue interculturel en Méditerranée : un échange de points de vues ouvert et respectueux entre des êtres humains et des groupes appartenant à des cultures différentes. Il favorise ainsi la compréhension entre les perceptions du monde propres à chacun.

Pour mettre en œuvre ces principes, le Conseil Culturel s’appuie également sur un ensemble d’experts et d’institutions qui composent son think tank. Je remercie les représentants de notre think tank qui sont présents aujourd’hui à nos côtés, et en particulier M. Pougnaud, qui prendra la parole tout à l’heure et dont je salue l’action très positive à nos côtés.

De façon concrète, le travail du Conseil Culturel est rythmé par une feuille de route, organisée en cinq saisons thématiques, qui sont :

  • 2009 – Economie de la culture et industries culturelles en Méditerranée : locomotive économique pour 2010-2020 ?
  • 2010 – L’art de vivre méditerranéen
  • 2011 – Préserver et faire vivre au XXIe siècle le patrimoine commun de la Méditerranée
  • 2012 – Créateurs et création artistique en Méditerranée
  • 2013 – Marseille-Provence Capitale Européenne de la Culture

Je le redis, le Conseil Culturel se sent culturellement très concerné par l’initiative lancée aujourd’hui sous les auspices de l’ONU et par les prolongements qu’il faut en attendre. Car le Conseil comprend la notion de culture dans son sens le plus large, l’expression d’une civilisation humaine, d’une vision globale du monde. Et le développement humain, pour être durable, passe nécessairement par l’appropriation de son héritage culturel par une communauté humaine.

A l’échelle du bassin méditerranéen, l’aire naturelle de travail du Conseil Culturel, dans cet espace pétri de culture et d’histoire, il apparaît, plus encore qu’ailleurs, que le développement humain passe par un effort de revitalisation et de valorisation du patrimoine culturel, des savoir-faire et des techniques qui sont l’expression même de l’identité d’un peuple.

Cette démarche d’appropriation, en outre, peut être considérée comme l’un des principaux moteurs du développement économique, par les gisements d’emploi qu’elle recèle.

Dans le cadre de sa première Saison de travail, le Conseil Culturel est associé à plusieurs projets ambitieux dont un qui porte précisément sur cette volonté d’une revitalisation patrimoniale et économique des savoir-faire artisanaux, dans laquelle on peut voir le moyen de faire accéder le plus grand nombre au bien-être, sans dilution de leur identité : une mondialisation à visage humain, en quelque sorte. Je compte sur M. Nadim pour vous en dire davantage tout à l’heure sur ce projet, qui me semble illustrer notre propos du jour et notre recherche de solutions inventives pour le développement humain.

Une autre illustration vous sera également fournie par Mme HAIGNERE. Je n’en dis pas plus pour le moment mais il est manifeste que l’éducation, la formation, la transmission des savoirs par le recours aux technologies de pointe partout où cela est possible : voilà les enjeux vitaux des temps présents.

A l’issue de cette matinée de travail, nous matérialiserons la coopération qui s’ouvre avec les Agences de l’ONU par la signature d’une convention-cadre entre le Conseil Culturel de l’UPM et l’initiative Savoir, Innovation et Politique de Développement Humain, que représentent ici M. Luciano Carrino et M. Gustavo Lopez Ospina.

Ainsi le Conseil Culturel de l’UPM contribuera-t-il, je l’espère, à la mise en forme des outils développés par l’ONU et dont vous allez nous parler plus en détail, M. Carrino : un manuel de bonnes pratiques, l’identification de projets stratégiques, le développement de cours post-universitaires à travers le monde. Il y a là pour le Conseil Culturel un défi enthousiasmant auquel j’en suis sûr ses membres seront sensibles.

Dans la mise en œuvre de cette Convention, il s’agira d’être concret, et d’examiner dans la pratique comment les outils déjà mis au point de part et d’autre peuvent se compléter, s’enrichir mutuellement. Les notions de bonne pratique et de transfert d’expérience doivent être les pierres angulaires de nos échanges et de notre coopération. Je souhaite qu’une réunion du groupe de travail conjoint qui sera créé par cette convention se tienne dès avant la fin de l’année, afin d’appliquer d’ores et déjà au projet d’artisanat d’art les principes de collaboration que je viens d’énoncer.

Pour finir, je souhaite vous redire toute la fierté que j’ai à accueillir ici une si prestigieuse assemblée, et à formuler le vœu que cette journée de travail soit la plus interactive et la plus productive possible.

Nous ferons plus ample connaissance individuellement lors de la pause du déjeuner où vous êtes conviés à un buffet.

Je vous remercie de votre attention et je passe à présent la parole à M. George Haddad, responsable de l’Enseignement Supérieur à l’UNESCO.

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